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Les Celtes, des «barbares» sans intérêt ?
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Depuis la Renaissance, les civilisations méditerranéennes (Grèce, Rome, Egypte) ont été considérées comme des modèles et toutes les autres ont été qualifiées de «barbares». Ainsi, on a longtemps méprisé les Celtes qui n'ont pas produit de grand bâtiment en pierre, ni d'alphabet propre, ni d'empire unifié.
Ce mépris reposait en grande partie sur l'ignorance : il est en effet difficile d'étudier la culture celte, dont le savoir reposait sur la transmission orale et non sur l'écrit et dont les constructions de bois et de terre ont laissé peu de trace. Pour compenser ce manque d'information, on s'est longtemps contenté des textes antiques grecs et romains, bien que leurs auteurs soient parfois partiaux, mal informés ou mal interprétés. Ce faisant, les lettrés de la Renaissance et des Temps Modernes ont repris à leur compte et souvent amplifié une image peu flatteuse : celle des sauvages ignorants, querelleurs et indisciplinés.
Pourtant, le simple examen des pièces qu'ils nous ont laissées, telle cette phalère en bronze ajouré, dessinée au compas, laisse entrevoir un monde autrement complexe et intéressant.
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Les Celtes, de piètres guerriers, braillards et indisciplinés?
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Ce cliché tenace et méprisant nous vient des textes romains. Au cours de son histoire, en effet, Rome a dû plusieurs fois affronter des troupes celtes, à commencer par celles qui prirent la ville en 387 av. J.-C. Il s'est développé dans la littérature latine une image dévalorisante et caricaturale de ce peuple, éternel voisin, rival et adversaire redouté. Pourtant, la valeur militaire des Celtes est évidente, comme en témoignent la liste de leurs conquêtes, l'étendue de leur territoire sur la carte européenne, la qualité de leur armement et leur recrutement, comme mercenaires, par de nombreuses armées méditerranéennes.
Plus particulièrement, les commentaires de César sur la «Guerre des Gaules» ont pris dans notre culture et notre imaginaire une place exceptionnelle. Ce témoignage extrêmement riche, mais aussi tendancieux et ouvertement propagandiste, a figé les Gaulois, pour des générations d'écoliers, dans un rôle de vaincus et de faire-valoir.
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Nos ancêtres-miroir
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Certes, les Celtes sont à l'origine de bien des traits de notre culture, de mots de notre langue et d'objets de notre vie quotidienne. Néanmoins, cet apport, si difficile à mesurer, a parfois été exagéré dans des buts politiques ou diplomatiques. Le XIXe siècle, en effet, a développé une image romantique de «nos ancêtres les Gaulois», leur prêtant à rebours les qualités et caractéristiques des Français ou des Belges contemporains.
Notre ami Astérix en est l'illustration par excellence, qui mélange avec brio l'antique et le contemporain pour susciter le rire. Car ce village de «Gaulois» "têtus, querelleurs, bavards, courageux et bons vivants" (sic) est moins le portrait de Celtes que l'autoportrait ironique d'auteurs français du XXe siècle.
Chez nous, la figure d'Ambiorix, roi des Eburons et ennemi tenace de César, a été utilisée au XIXe siècle pour développer la fibre nationale d'un pays tout neuf au nom gaulois : la Belgique...
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Les druides, prêtres sanguinaires ou philosophes méconnus ?
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Les druides forment l'élite intellectuelle de la société celte. Certains règlent les pratiques religieuses, d'autres assurent l'instruction des jeunes, arbitrent les conflits, gèrent le cadastre, les affaires d'héritage, les comptes publics et privés. D'autres encore sont astronomes, médecins, devins, magiciens, ambassadeurs, conseillers politiques, etc. Parmi les druides, les bardes sont ceux qui perpétuent les traditions musicales et poétiques, les récits mythologiques et héroïques.
Les druides ont longtemps passé pour des prêtres sanguinaires pratiquant le sacrifice humain, ainsi que les dépeignent certains textes antiques. Les restes humains retrouvés dans certains sanctuaires pourraient accréditer de telles pratiques. Mais cette interpétation doit être nuancée : les Celtes accordaient en effet une grande importance symbolique à la tête, siège de la valeur de l'individu. Ils pratiquaient ainsi des manipulations post mortem, conservant les crânes des ancêtres ou des ennemis tués au combat.
On sait fort peu de chose sur les conceptions religieuses et/ou philosophiques transmises par les druides. Sur base des textes antiques, on peut citer la croyance en l'immortalité de l'âme. Les trouvailles archéologiques indiquent quant à elles un culte rendu aux ancêtres et aux forces de la nature telles que le soleil et l'eau.
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Pas de menhir celtique
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C'est le géographe grec Strabon qui nota la présence, dans les forêts gauloises, de «grandes pierres» et de «monuments druidiques». C'est ainsi qu'on a amalgamé les mégalithes néolithiques (les «menhirs» et les «dolmens», datant de 6000 à 2000 av. J.-C.) avec les rites celtiques qui leur sont bien postérieurs. Certes, il y avait des mégalithes du temps des Celtes, mais ceux-ci n'en étaient pas les constructeurs.
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Le coq gaulois
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Par une belle ironie de l'histoire, c'est un jeu de mot en latin qui associe cet animal aux peuples celtes. «Gallus», en effet, signifie en latin aussi bien «coq» que «gaulois».